06/10/2015 Benjamin

Roadbook Ladakh en Royal Enfield

Notre roadbook Ladakh – un parcours mythique !

Toi aussi tu te sens l’âme d’un chevalier solitaire, affrontant les montagnes à coup de piston ? Ton enfance est marquée par la série « Le rebelle » même si maintenant il faudrait t’arracher les ongles un par un pour que tu l’avoues ? Bref, tu es le digne et fier possesseur d’un permis moto et tu trépignes à l’idée de barouder sur cette route mythique sur une Royal Enfield toute aussi mythique. Je te comprends !

Et comme je tiens à ta sécurité – avec ta maman on est tombés d’accord sur ce point – voici un petit roadbook qui pourra t’aider à t’y préparer. Parce que même si tu te sens plein à craquer de testostérone, même si tu as rempli ton sac de bandanas têtes de mort, même si tu as lustré tes plus beaux Pins Motorhead, ce parcours n’a rien en commun avec les routes d’Europe et quelques précisions pourront t’être utiles.

 

 

 

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La route :

  • Je détaille ici le parcours Delhi-Leh-Delhi, mais tu pourras partir de Manali pour n’attaquer qu’au pieds de l’Himalaya (tu y trouvera des loueurs). Mais la première partie est intéressante aussi à mon avis !
  • C’est la plus haute route carrossable du monde. A cause des neiges, elle n’est ouverte que de mi juin à mi septembre.
  • Sur le début, avant d’atteindre l’Himalaya, c’est la mousson à cette période. Ce qui veut dire chaleur, humidité et pluies quasi quotidiennes.
  • Une fois passé le premier col, le climat est très sec, chaud le jour, froid la nuit.
  • La route subissant les intempéries tout l’hiver, elle est en très mauvais état, malgré les centaines (milliers) d’ouvriers qui s’affairent tout l’été. De la boue, du sable et des graviers t’attendent, des rivières tu traverseras.

 

 

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Infos circulation :

Si tu n’as jamais ou rarement roulé à l’étranger, voici le point le plus important. Tu t’adapteras à la circulation Indienne. Chaque pays à ses règles implicites, non écrites mais pratiquées. Pour les comprendre, un seul moyen, observer ! Prendre les transports pendant quelques jours, puis faire quelques parcours faciles (en ville par exemple) avant de se lancer est une excellente idée. Il est tentant de penser qu’en Inde par exemple c’est l’anarchie sur les routes. Mais c’est faux ! Le système de conduite nous paraît chaotique, mais des règles le régissent et si tu observes attentivement, tu verras que tout le monde les respecte. Pour l’Inde, voici les plus importantes :

  • Le klaxon est le deuxième élément de sécurité après les freins (voire avant). La circulation est tellement dense que tout le monde se repère au son. On oublie les rétros, c’est surfait. Tu klaxonneras donc avant chaque dépassement, pour chaque piéton qui menace de traverser sous tes roues etc. Contrairement à chez nous, ça n’a rien d’agressif. Les camions par exemple ont tous une inscription « blow horn please » (Klaxonnez s’il vous plait) à l’arrière. Sur l’autoroute où les dépassements se font des deux cotés, tu klaxonneras plusieurs fois d’affilé pour que le véhicule devant toi puisse te situer (droite ou gauche).
  • La loi du plus gros et du plus rapide règne. Le bus à priorité sur la voiture et ainsi de suite. Mais la vitesse joue aussi. Les cars passeront avant les camions. Toi avec ton fier destrier 500cc tout chromé, tu auras un statut hybride, entre les scooters lents et les voitures. Enfin, et avant tout, tu chercheras le regard de la personne en face pour déterminer si c’est un petit nerveux pressé où si tu peux passer d’abord.
  • J’insiste sur la loi du plus gros. La priorité au plus gros est absolue ! Un bus qui double alors que tu arrives en face continuera la plupart du temps son dépassement. À toi de ralentir et de serrer les fesses si un ravin te tend les bras à ta gauche et que la route est mince. Oui en Inde on roule à gauche, mais ça c’est un détail, tu t’y feras très vite si tu ne l’as jamais fait.
  • Jamais tu ne t’emporteras. Jamais j’ai dit ! Même lorsqu’on t’aura infligé une peur bleue. Tu devras comprendre que ce qui te choque, toi petit français, est normal ici. Encore une fois si tu observes bien, tu ne verras personne s’énerver, et ce même à Delhi.

Maintenant qu’on a posé les règles principales, il reste un fait. On est en Inde, un des pays au monde où la conduite est la plus dangereuse. Et là je ne plaisante plus, fini de rigoler… TOUT est possible et à tout moment. Vaches allongées sur la voie la plus rapide de l’autoroute, vélo qui traverse l’autoroute sans vous avoir vu, voiture à contresens, 4X4 qui double un bus qui double un scooter qui double un vélo, le tout dans un virage… Je n’ai roulé que 3 semaines et ce sont des exemples vécus. Tu l’auras compris, à tout moment tu resteras vigilant. Tu limiteras ta vitesse en fonction des dangers possibles, non pas en fonction des tes capacités.

Et ça tombe bien puisque ta moto est un veau, un 500cc mono qui fait un bruit d’enfer, plus près du tracteur que des motos que l’on connait en Europe. Tu bénéficieras par contre de son couple impressionnant pour les passages compliqués (comme les traversées de ruisseau par exemple).

 

 

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équipement

  • Sur le début du parcours tu subiras la mousson, ses 40° et ses pluies quotidiennes, tu prendras donc des vêtements et gants imperméables mais légers. Je te conseille fortement d’emmener un tour de cou ou une écharpe pour protéger tes petits poumons de la pollution et de la poussière. Après un jour sur l’autoroute, mais peau était noire à travers mon tee shirt.
  • À Delhi tu trouveras des dizaines de loueurs de Royal Enfield dans le quartier Karol Bagh. Les plus réputés pour leur sérieux sont Lalli Singh et Tony Bike Centre. J’ai opté pour Tony Bike center et ils se sont montrés très sérieux et sympas. Si tu es du genre organisé, tu leur enverras un mail à l’avance pour réserver ton destrier.
  • Les casques et gants peuvent s’acheter sur place (15€ un casque modulaire, 10€ un intégral, 6€ les gants). Ils ne répondent pas aux normes CE, mais tu es un rebelle, tu te rappelles ?
  • Les motos sont louées avec de gros portes bagages. Nous avons pu mettre sur la mienne 2 sacs à dos 50L, un sac 30L, un bidon d’essence et un bidon d’huile.
  • C’est une moto « Classic », ce qui veut dire que sur le parcours, tu vas aller régulièrement rendre visite aux mechanics, qui soigneront les petits bobos de ta moto. Ça veut aussi dire que tu emporteras un bidon d’huile avec toi.

Voilà ami viril, tu es averti et je décline toute responsabilité auprès de ta maman si après avoir lu mes conseils tu décides quand même de jouer le pilote GP.

 

Voici maintenant le détail de mon parcours et une carte de l’itinéraire. Tu devras savoir que je suis jeune permis, que j’ai fais ce parcours avec une passagère et 40 KG de bagages et que je n’aime pas me lever tôt. J’ai donc globalement roulé lentement et tu pourras faire ce parcours plus rapidement. Je ne met ici que l’aller, comme nous sommes revenus par la même route, les infos sont les mêmes.

 

 

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roadbook ladakh

Jour 1 : Delhi – Chandigarh – 244km
On part de Delhi vers 10h sous la pluie. Il nous faudra presque 2H pour quitter l’agglomération. Hop, astuce au passage, demande à un rickshaw de te conduire à la sortie de Delhi, sinon bon courage ! Ensuite ce n’est que de l’autoroute. Pas le plus passionnant et très pollué, mais c’est une bonne prise en main.

Jours 2-3 : Chandigarh – Manali – 291km
J’ai fait cette partie en 2 jours à l’aller mais en te levant un peu plus tôt tu l’avaleras en une journée. La route est déjà magnifique, c’est le début de la montagne. Tout est très vert, ça sinue gentiment à flanc de colline et des singes nous attendent en bord de route. Bref, on commence à en prendre plein les mirettes. On part chaque matin sous la pluie et certains passages sont très boueux, mais globalement la route est correcte.

Jour 4 : On est épuisés donc on se repose à Manali.

Jours 5 : Manali – Keylong – 113km. Passage du Rohtang La (3974m)
Apparemment la journée de repos ne nous a pas suffi et on est toujours fatigués. On part sous la pluie et dans un brouillard épais. Mais cette fois il fait froid. Au départ de Manali, on grimpe directement jusqu’au premier col, le Rohtang la. Et pour grimper ça grimpe ! On passe de 2 000 à presque 4 000 mètres en 2 heures. La route est très bonne jusqu’au col. Ensuite pour redescendre du col c’est l’apocalypse, il a plu depuis plusieurs jours en continu et la route n’est plus qu’un vague tas de boue. Même les 4X4 s’embourbent par endroits. Arrivés en bas du col il fait enfin beau, mais nous sommes trempés, boueux, gelés et épuisés. On s’arrête donc très vite pour profiter des derniers hôtels confortables sur la route.

Jour 6 : Keylong – Pang – 184km. Passage du Baralacha La (4880 m) et du Lachulung La (5060 m)
Attention, à Tandi c’est la dernière pompe à essence avant Leh. Il faut donc penser à faire le plein et à emmener un bidon d’essence en rab. La route devient vraiment difficile. A vrai dire, c’est la plupart du temps plus un chemin qu’une route et on traverse de nombreuses petites rivières. Le précipice n’est jamais loin, ce qui n’aide pas à se détendre complètement. Mais on est partis pour en baver un peu non ? C’est même ce qui me fait plaisir, et les paysages sont incroyables, majestueux.

Jour 7 : Pang – Leh – 188km. Passage du Tanglang la (5328 m)
La route est meilleure sur cette portion, surtout après le Tanglang la. Un vrai bonheur et nous arrivons tôt à Leh.

 

Voilà, tu n’as plus qu’à te lancer au guidon de ton fier tracteur, qui deviendra bientôt ta bécane fétiche. Pour lire l’article sur notre parcours, c’est par ici !

 

Ce roadbook Ladakh t’a plu ? Tu tiens à me montrer ta reconnaissance, ou te la péter comme moi en racontant ton expérience, n’hésite pas, lâche ton commentaire !

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