18/09/2015 Benjamin

Le Ladakh en Royal Enfield

Notre road trip au Ladakh en Royal Enfield Machismo 500cc.

On rêvait du Ladakh depuis bien longtemps déjà.

Mais on savait que ce serait compliqué. Avec l’itinéraire que l’on avait prévu on devait arriver en Inde vers octobre-novembre et à cette période là, les routes qui mènent au Ladakh sont fermées. Mais les imprévus nous ont finalement mené en Inde plus tôt que prévu.

On est arrivé le 5 août a 4h du matin, on avait beaucoup lu et entendu les récits des voyageurs sur leurs premiers voyages en Inde, sur les premiers jours si difficiles. Et il faut être honnête, quelle anarchie, quelle claque quand on arrive ! Laurent sur son blog One Chaï parle de coup de patte d’éléphant. Et on a tout de suite su qu’on allait adorer ce chaos.

 

Après avoir dormi quelques heures on est allé chez Tony Bike Center dans le quartier de Karol Bagh pour louer une moto. Et pas n’importe laquelle ! Let me introduce you notre fier destrier ! Une superbe Royal Enfield Machismo 500 cc, noire parce qu’on est des rebelles (et c’était aussi la dernière disponible).
On a acheté des casques, des gants et des tendeurs (rebelles, jusqu’à un certain point) et trois jours plus tard on a pris la route.

 

Ah cette route, un mythe pour les motards. Pour ceux qui voudraient tenter l’expérience, Le roadbook est ici.
On a pris qu’une moto et ce pour deux raisons :

– Mathilde n’a pas de permis moto, et même s’il est possible de louer une moto sans présenter de permis (les agences sérieuses refusent) ne pensez pas qu’un bakchich au policier suffira en cas de contrôle. Les lois ont changées.
– D’autre part amis aventuriers, aller se faire les dents sur la route Delhi-Leh n’est pas la plus judicieuse des idées qu’il soit, à notre avis. Quand il faut porter une grande attention aux trous dans la route, au rocher qui vient de tomber ou au bus que vous allez découvrir face à vous juste derrière un virage, le tout en roulant à gauche, ce n’est pas le meilleur moment pour apprendre a conduire une moto. Simple conseil.

 

Revenons-en à notre route. Il nous a fallu 7 jours (dont un jour de repos) pour rejoindre Leh.

 

C’est peu après Chandighar que la route devient très belle et par la même occasion plus dangereuse.


Tout a coup on découvre les montagnes, au pied de la chaîne de l’Himalaya. On grimpe, on grimpe encore et encore et ce n’est que le début. On a eu pas mal de pluie a l’aller, c’est la mousson… Mais on a pu découvrir la générosité et l’entraide indienne pour équiper notre moto d’une bâche et de grands sacs de riz pour protéger le fond ! Nous c’est une autre histoire, on est restés trempés et boueux un bon bout de temps.

 

Au bout de 3 jours on est arrivés a Manali, et là le choc ! On a lu beaucoup de témoignages sur ce parcours mais personne ne prévient ! Cette ville, certes très jolie, est un Disneyland pour les hippies. Nous l’avons en toute simplicité surnommé BabsLand. On ne reconnaît plus l’Inde. Le Old Manali est plein de restaurants, bars, guest houses, tatoueurs, coiffeurs pour dreads ( j’y suis passée), boutiques de fringues bariolées, pipes a eau, german bakery et d’Israéliens. D’après ce qu’on a vu il doit bien y avoir 90% des touristes étrangers qui sont israéliens.

 

On n’a pas réussi a trouver la véritable explication pour cet engouement. On était un peu perdus en arrivant là, mais pour être honnêtes on en a bien profité. Il est assez agréable de trouver une zone de confort de temps en temps (et des hamburgers). Il n’empêche qu’on s’est bien marrés à regarder défiler tous ces gens portant des pantalons en laine de toutes les couleurs, de grands châles en plein cagnard, des tenues de moines boudhistes, torses nus, pieds nus… On est restés une journée pour se reposer et tenter en vain de sécher nos affaires.

 

Et c’est reparti direction Leh, déjà il y a beaucoup moins de monde sur la route. Le paysage change sans arrêt, la verdure laisse peu à peu place à la  roche, les forêts deviennent montagnes arides et pourtant l’eau est partout.

 

Il n’y a quasiment plus de villages. Seulement des campements éphémères installés sur la route pour les mois d’été.


La montagne ça a quelque chose de magique, qu’elle soit verdoyante ou rocailleuse, on se sent tellement petits et tellement grands à la fois. C’est menaçant et rassurant. Apaisant aussi.


Quand on passe les cols à plus de 5000m d’altitude on a l’impression d’être les rois du monde, on est au dessus des neiges éternelles, au dessus de nous il n’y a plus que les drapeaux de prières multicolores. Et puis on redescend, la route est coincée entre deux montagnes on lève la tête et ça rend humble.


Après le dernier col, le Tanglang La (5328m, le deuxième plus haut col au monde), le décors change encore. On traverse les villages de Sasoma, Lato et Miru. La montagne devient rose, bordée de stupas (monuments funéraires), sur le bord des villages il y a des moulins à prières. C’est vraiment superbe.


Et sept jours après avoir quitté Delhi, nous sommes arrivés à Leh. On s’est reposés, on s’est baladés autour, on a fait nos premiers essais avec le drone et on a regardé le soleil se coucher sur la ville, du haut du monastère. On n’a finalement pas fait grand chose. Par exemple on aurait voulu visiter la Numbra vallée, mais on n’est pas restés longtemps parce qu’on voulait aller passer quelques jours chez les nomades.

Il n’y a presque plus de nomades dans la région et il faut savoir où ils sont ! Alors pour la première fois, nous avons fait appel à une agence de voyage. Nous sommes donc partis le 19 juillet à moto, en suivant le 4×4.

C’était superbe ! Et assez incroyable de se retrouver là, au milieu des nomades, des chèvres et des yaks, perdus dans les montagnes à apprendre comment on fait du beurre dans une peau de bête. Mais ça n’en restait pas moins une excursion organisée par une agence, une rencontre basée dès le début sur un échange monétaire et on l’a tout de suite ressenti.

Du coup on est repartis dès le lendemain. On a quand même eu le temps de traire les chèvres, goûter le thé au beurre, voir les yaks qui descendent de la montagne…

Bref les agences de voyage, c’est pas notre truc… Mais on aura essayé !

On avait prévu d’emprunter la route de Srinagar pour retourner à Delhi, mais le camp de nomades nous a fait gagner une bonne demi-journée sur la route de Manali. Et on n’a pas regretté de prendre la même route ! Les paysages sont à nouveaux surprenants. On découvre de nouvelles choses, comme cette montagne qui semble découpée en tranches. Ou la route qui redescend du Rotlang La vers Manali et que nous avions monté dans le brouillard, finalement encore plus vertigineuse quand on voit en bas !

 

On est restés cinq ou six jours à Manali. Puis Mathilde a pris le bus jusqu’à Delhi qui a l’avantage de faire la route en une nuit (rendez-vous de dernière minute) et Benjamin a repris la route en moto. On a fait nos adieux à la moto et on a pris l’avion pour Yogyakarta.

En résumé : on rêvait depuis longtemps de visiter le Ladakh en Royal Enfield, c’était un peu devenu le challenge, parcourir cette fameuse route à moto. On l’a fait ! Et on y retournera sans aucun doute, a moto encore parce que c’est le pied ! Et puis il faut dire ce qui est, la moto c’est classe, une Royal Enfield d’autant plus !
Par contre ça fait mal aux fesses ! Partout en fait. Les courbatures nous ont suivi sur toute la route. On a eu froid aussi, les nuits sous tente a plus de 4000m d’altitude sont légèrement fraîches. Mais au final, plein la vue ! Il y a tellement de paysages différents, sous la pluie, sous le soleil, dans la brume… Encore !

Vous aussi vous voulez grimper au Ladakh en Royal Enfield ? Le roadbook est ici !

 

N’hésitez pas à partager vos impressions ou expériences sur le Ladakh en Royal Enfield dans les commentaires !

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