18/09/2015 Benjamin

On a testé pour vous : la Malaria en Iran

Notre passage en Iran, après avoir ramené un petit souvenir du Mali.

5 Juillet 2015, cela fait deux mois jour pour jour que nous avons quitté la France, au départ d’Istanbul pour faire le tour de l’Asie.

Nous voici donc… à Istanbul…

 

 

Après avoir traversé la Turquie, la Géorgie, la Turquie encore, fait un détour au Mali, on recommence !
Et on en profite pour fêter nos un an de mariage, de bonheur et d’aventure.

iran_malaria_01

 

Cette fois c’est la bonne, on va enfin pouvoir visiter l’Iran ! Pas si sûr.

Donc on a retraversé la Turquie direction l’Est en stop, parce que le stop en Turquie c’est du bonheur, on attend jamais plus de 3 minutes. Et on est bien dans un camion ! Allongé sur la banquette, on profite de la lenteur, on se sent en sécurité aussi.

 

On s’arrête pour la nuit sur la dernière petite ville avant la frontière, avec la très bonne surprise de trouver un camping dans les montagnes avec une vue incroyable. Si vous passez dans la région, direction le Murat Camping à Doğubayazıt ! Le soir des familles Turques se rassemblent sur la colline et allument le barbecue. On les imitent donc en buvant nos dernières bières avant l’Iran et en profitant de la vue !


Le 11 Juillet, on passe enfin la frontière iranienne. On est arrivés épuisés et courbaturés et ça a duré une semaine. On a traversé le Nord/Ouest de l’Iran pour rejoindre Téhéran. Et c’est avec 39° de fièvre que j’ai débarqué dans la capitale iranienne.

 

 

Le lendemain nous sommes allés à l’hôpital, le médecin m’a mise sous perfusion pour me requinquer, et m’a filé du doliprane. Benjamin a insisté pour que l’on me fasse un test malaria. Le test est revenu négatif, ouf !

Les deux jours suivants on été affreux. Toujours incapable de manger quoi que ce soit. Il faisait 40° et j’étais morte de froid. Crises de frissons pendant 2h, puis de nouveau en nage et le sentiment très profond que j’allais mourir si on ne faisait rien pour moi.

 

Puis Benjamin s’est réveillé avec une forte fièvre, pour lui aussi c’est arrivé d’un coup. On est retournés à l’hôpital, ils nous on remit sous perfusion, nous ont fait des radios et ont finalement appelé un autre médecin. Puis ils ont fait venir une ambulance pour nous transférer dans un autre hôpital. Tout à coup dans l’hôpital tout le monde portait des masques. Les ambulanciers étaient en combinaison complète, comme dans les films… Ils faisaient des selfies et s’amusaient à faire peur aux gens dans les rues, ils se marraient bien, pendant qu’on tremblait et que je pleurais à l’arrière. Nouvel hôpital, nouveau médecin, un spécialiste des maladies « exotiques ». Nouveau test pour la malaria et bingo ! Il est positif. Pas celui de Benjamin, mais le médecin reste persuadé que c’est aussi ça, ou Ebola…

 

On a eu beau leur dire qu’il n’y avait pas Ebola au Mali, nouvelle ambulance, nouvel hôpital, mais en quarantaine cette fois. Au moins on était tous les deux. Six jours en chambre confinée, sous perfusion, rythmés par les prises de sang, tout le temps, au milieu de la nuit, au réveil… 8 prises de sang dans les premières 24h ! Interdiction de sortir de la chambre, on a béni nos liseuses.

 

Au bout de six jours, Benjamin est sorti et ils m’ont transféré du côté des femmes pour deux jours de plus. Voilà ce qui arrive quand la malaria est traitée un peu trop tard, j’avais une infection au poumon et les reins qui partaient en cacahuète. Mais une infirmière rigolote m’a prise sous son aile. Elle m’a baladé dans tout l’hôpital, dans les jardins, dans sa voiture, en me présentant comme sa touriste française avec la malaria. Elle m’a même trouvé une cigarette !
Et quand en fin de journée j’ai pleuré parce que Benjamin n’arrivait toujours pas, au moment où elle a compris que j’avais un mari quelque part et que c’est lui que j’attendais, elle m’a fait signe d’attendre. Elle est revenue une minute plus tard et m’a dit avec un grand sourire « il est en bas » (en vrai elle ne parlait pas anglais…). Une belle coïncidence que Benjamin arrive à ce moment là, mais j’avoue m’être demandé comment elle avait fait pour me le ramener aussi vite. Et je crois que je n’avait jamais eu un tel soulagement de ma vie et qu’elle n’avait jamais dû voir autant de reconnaissance dans un regard tout mouillé. Un immense merci à cette femme.

 

Pendant ce temps, Benjamin réglait l’administratif : rallonger notre visa iranien, essayer de déposer la demande de visa pour l’Inde (ça prendra 5 demi-journées en tout), convaincre l’ambassade de France de nous faire un transfert d’argent puisque nous n’avions plus assez de liquide après ces péripéties et qu’il n’y a aucun moyen de retirer de l’argent en Iran.
Ah et il cherchait sa femme aussi ! Benjamin avait quitté l’hôpital en taxi sans en connaître le nom et ils nous avaient baladé dans trois hôpitaux différents. Il a donc passé 5h dans deux hôpitaux à essayer de se faire comprendre avec des gestes et des croquis pour retrouver ma trace.

 

Le lendemain il m’a fallut négocier une demi-journée pour pouvoir sortir. Il fallait que mon mari vienne me chercher et signe une autorisation. Mais Benjamin était coincé à l’autre bout de Téhéran entre l’ambassade de France et d’Inde. « Alors votre père ». Oui alors, mon père il est en Bretagne et je ne lui ai pas parlé depuis bientôt deux ans : « Allô papa ? Tu vas rire, devine où je suis ? ». Bref, moi femme forte, je suis sortie !

 

Après ça on voulait juste quitter l’Iran, c’est pas la faute de ce pays pourtant, mais on avait besoin de changer d’air. Seulement il nous fallait encore attendre notre visa indien, ils nous annonçaient environ deux semaines. On est allés au bord de la mer au nord de Téhéran, chez un couchsurfer extrêmement très très gentil. L’ambassade d’Inde nous a appelé après seulement deux jours, et on a sauté dans le premier avion pour Delhi.

 

Oh je vous vois venir : « Mais après l’Iran ça devait être l’Asie Centrale ? C’est ce qui est écrit dans le parcours non ? ». Mais vous devriez commencer à le savoir, on n’aime pas les plans, les itinéraires et prévoir à l’avance.
Et surtout nous devons être en Indonésie pour la première semaine de septembre, ce qui ne nous laisse pas du tout assez de temps pour visiter l’Asie Centrale. Et c’est une bonne nouvelle puisque du coup nous pouvons visiter le Ladakh pendant que les routes sont encore ouvertes !

 

Bref, entre la Malaria et les journées entières dans les ambassades, l’Iran nous aura laissé des souvenirs un peu particuliers… Et vous, avez-vous déjà attrapé la malaria ? Si c’est le cas, n’hésitez pas à nous faire part de votre petite malaria experience dans la section commentaires !

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